ETUDE DES MINERALISATIONS EN NB-TA DE L'INTRUSION ALCALINE DE CREVIER. MB 2014-33, 2014. 68 pages et 11 plans.
GROULIER, P. A.., OHNENSTETTER, D.., ANDRE-MAYER, A. S.., ZEH, A.., SOLGADI, F.., MOUKHSIL, A.., EL BASBAS, A.



Résumé

L'Intrusion alcaline de Crevier (IAC) est localisée au nord du lac Saint-Jean, dans la Province géologique de Grenville au Québec. L'IAC est orientée N320° suivant un axe de faiblesse crustale, correspondant au couloir Waswanipi-Saguenay. Ce dernier est lié au graben du Saguenay au sein duquel se retrouve également l'intrusion minéralisée en Nb- ETR de la mine Niobec à Saint-Honoré (ville de Saguenay). La minéralisation est associée à une carbonatite dans le cas de Saint-Honoré alors qu'elle est associée à une syénite néphélinique pour le gîte de Crevier. L'IAC est subdivisée en trois grandes unités : (i) une unité principale correspondant à une syénite néphélinique massive de texture variable, (ii) une syénite rubanée constituée par le recoupement de dykes de différents faciès (syénite néphélinique, syénite à biotite, syénite carbonatée à biotite et carbonatite) et (iii) des dykes de syénite néphélinique pegmatitique portant les lentilles minéralisées. Les chronologies relatives observées cartographiquement montrent que la première unité est intrudée par la seconde, les essaims de dykes recoupant ces deux premières. Le lien chronologique entre les carbonatites et les pegmatites n'est pas clair mais il semblerait que les carbonatites soient synchrones ou même postérieures aux pegmatites. Les dykes pegmatitiques se retrouvent au centre de ce complexe et sont orientés parallèlement à l'axe principal N320° avec un pendage de 80° vers le nord. Ces dykes, dont les extensions N et S ne sont pas connues, constituent la cible principale de l'étude du potentiel métallogénique en Nb et Ta. La minéralisation est portée par des pyrochlores. Cette étude a fait ressortir l'existence de deux lignées de pyrochlores issues des processus de cristallisation fractionnée ainsi que d'immiscibilité: une lignée à Nb-Ti dominant et une lignée plus tantalifère associée aux phases plus tardives. Les pyrochlores ont soit une origine magmatique primaire, soit une origine secondaire tardi-magmatique associée aux circulations fluides. Les plus gros pyrochlores (>1 mm) sont associés à des veines tardives de syénite néphélinique à sodalite. Les pyrochlores primaires magmatiques sont quant à eux souvent associés avec des fluorapatites à Sr. Ils présentent presque toujours des figures de dissolution et de recristallisation associées à des pertes en Na-Ti-Nb et des gains en F-Si-K-Fe-Mn lors de l'interaction avec un fluide fluoré. Les pyrochlores secondaires sont toujours observés dans des réseaux de fractures. Ils sont petits et xénomorphes mais plus homogènes que les magmatiques. Ils sont spatialement associés à des fluorapatites, à des pyrrhotites, à des ilménites et parfois à des carbonates de terres rares. Les données géochimiques majeurs et traces sur les différents faciès magmatiques témoignent d'un processus d'immiscibilité entre une phase silicatée et une carbonatée. Ce processus jouerait un rôle dans la répartition des minéraux d'intérêt économique (Nb-Ta- ETR). Les datations (U-Pb, sur zircon) de la syénite néphélinique donnent un âge tardigrenvillien (957,5 ±2,9 Ma) associé probablement à une phase d'effondrement de l'orogène couplé à une extension. Les âges modèles obtenus par datation Lu-Hf sur zircon s'étalent de 2,05 à 1,6 Ga, témoignant d'une contamination d'une croûte paléoprotérozoïque de ce magma alcalin juvénile.

Détails

Type de document

Document produit par le Ministère
Manuscrits bruts

Domaine d'activité

Géochimie
Divers

Type de levé

Compilation
Géochimie roche

Renvoi

-

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